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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 17:15
IRONMAN MALLORCA 2015

Je l’ai déjà signalé à plusieurs reprises, mais j’ai envie de commencer par ca… J’avais toujours dit que je ne commencerai pas le triathlon de peur de vouloir faire un ironman… Je me suis testé en CAP lors de la fin de saison 2012. Des débuts douloureux… Mais les genoux (ma principale crainte) ont tenu. Je me suis testé au tri fin de saison 2013 (le 111 de Bilzen), j’y ai pris goût lors de la saison 2014… Me voici donc à Majorque pour mon premier ironman.

Tout a commencé, lors de la construction de mon calendrier 2015 ou j’avais pointé Mallorca ou Barcelona pour éventuellement débuter sur la distance. Après mon premier marathon à Paris, où ca c’était moyennement passé, je me suis rendu compte qu’on était pas maître en apprenant ou plus exactement juste en s’entraînant et qu’il me fallait dès lors un peu d’expérience sur ironman, si je voulais un jour y performer (c’est un bien grand mot…). L’envie montait, Barcelone était déjà complet… et je pensais que Majorque l’était aussi. Lors d’un des rares dimanches matins sans vélo, j’ai croisé Baptiste en récupérant nos enfants aux Nutons, c’est lui qui me poussera à aller voir si Majorque était réellement complet… A partir de ce moment là, j’ai passé une semaine avec le doigt hésitant sur le bouton REGISTER… Puis tout début juin clic. J’étais devenu postulant au titre d’Ironman.

IRONMAN MALLORCA 2015

Ma préparation est passée par des hauts et des bas. La fameuse question : « comment vais-je y arriver ? » moultes fois posée, surtout juste à l’arrivée du semi de l’Alpe. Je fus un peu euphorique après Deinze que j’ai terminé avec pour la première fois la conviction que j’étais capable de tenir le rythme sur le double de la distance. Puis, on est reparti pour une série de bas : une chute en vélo (points de sutures et 10 jours sans piscine), puis un dos capricieux qui m’obligera à passer par la case ostéo et une grosse angine la semaine avant le départ (toujours pas complètement guérie au moment de la rédaction (15 jours plus tard). De toute manière, peut-on réellement être prêt pour ce genre de folie…

 

Je me suis servi de mon expérience du tour du mont blanc pour préparer cette épreuve. Certes c’est fort différent, mais c’est le plus long effort que j’ai réalisé 14h et si on ôte 4h de descente on arrive à une dizaine d’heures ce qui devrait être équivalent à la durée de mon premier ironman. Mon premier objectif est bien évidemment de finir cette épreuve, mais je n’arrive pas à enlever de mon esprit le facteur temps. Du coup, j’avais fait des prévisions. Je prévoyais de finir au mieux (dans mes rêves les plus fous) en 10h14 et au pire, si je finis en 11h33… On avait fait un pari avec les collègues sur mon temps d’arrivée, j’avais mis 10h39’29’’.

Me voici donc à Majorque pour une demi-semaine centrée ironman. J’avais prévu d’aller faire la seconde boucle de 90km le mercredi, les 9 km de CAP le jeudi, repos le vendredi, samedi ironman et je crains fortement la journée du dimanche où je vais devoir « casser » mon vélo comme dirait Colin pour le remettre dans la valise (encore merci Vincent, elle est top ton Evoq).
La météo va bousculer mon programme, je roulerai le jeudi pour éviter la pluie m’accueillant à Majorque. J’ai donc un peu de temps libre le mercredi, j’en profite pour visiter la vieille ville d’Alcudia, faire un peu de shopping (cadeau pour les enfants) et ensuite pour aller sur le village ironman.
C’est avec un peu d’émotion que je récupère mon dossard et mon sac à dos… Ca me rapproche un peu du Graal : YOU ARE nearly AN IRONMAN.
Le soir, je pars pour 12 km de CAP, suite à mes soucis de dos et à mon refroidissement, je n’ai plus couru depuis le 09/09. C’est un des points noirs de la fin de ma préparation, il m’a manqué 2 ou 3 longues sorties en CAP. Mais on fera avec.
Le jeudi, matin je pars reconnaitre la boucle difficile de la partie vélo (voir vidéo et photos dans l’article ad hoc) et je profite tout de même un peu de l’hôtel.
Ayant trouvé la partie montagneuse de l’ile très belle, j’ai décidé de remplacer une partie du repos prévu le vendredi par une ballade en vélo jusque Cap Fromentor (+-50 km avec quelques bosses). Ca serait trop bête d’être si près et de ne pas aller jusque là. J’avais peur d’en faire de trop la veille du jour J, mais je me suis souvenu que la veille du Mont-blanc, j’avais aussi descendu et remonté les saisies sans préjudice le lendemain.
En rentrant de cette magnifique ballade, il me reste juste le temps de préparer mes sacs de transition et de me rendre au premier briefing en anglais… Une seule question en tête : combi ou pas ? Ca sera avec. Me voici soulagé. Je quitte le briefing un peu avant la fin pour rejoindre l’aire de transition avant la foule.
Mon emplacement se situe environ au ¼ de l’aire de transition, je ne devrais pas traverser tout avec le vélo, aussi bien à l’aller tant qu’au retour. Je pose et emballe mon vélo. Je dépose mes deux sacs aux emplacements 1296. Puis retour à l’hôtel pour un peu de repos et détente. Le soir j’oriente mon repas sur les féculents et arrose le tout de san pelegrino… Après un dernier échange par skype avec Cécile, je me ferais la première mi-temps du match de rugby, puis dodo.
IRONMAN MALLORCA 2015

5h45 : le réveil sonne. C’est parti, je fonce au petit déj, j’avale des fruits, du pain gris, confiture, miel,… Je me limite à un seul café. Je prépare mon traditionnel jambon beurre coupé en deux afin de pouvoir l’emmener dans les poches de mon maillot de vélo.

 

 

6h10 : J’enfile ma trifonction, prépare mon sac post ironman et pars prendre le bus, direction port d’Alcudia. J’ai réservé une place dans le dernier bus ; celui de 6h30. Premier stress de la journée, en y montant, je constate qu’il n’y a pas d’autre athlète, il n’y a que des spectateurs… Aurais-je du me lever une demi heure plus tôt et prendre celui de 6h ? D’autant plus que le chauffeur part pour s’assurer que tout le monde est là… Le temps passe et je dois encore passer par l’aire de transition qui sera fermée à 7h00…

 

6h35 : le car part enfin…

 

6h50 : arrivée à port d’Alcudia, je sors en premier du bus, je m’oriente, heureusement on est tout proche du parc à vélo.

 

6h53 : entrée dans l’aire de transition…Le choix du bus de 6h30 était le bon, mais ca c’est joué à peu de chose. Je déballe mon vélo et place mes bidons. Je suis un peu pressé par les bénévoles chargés de faire évacuer la zone et par la speakerine en anglais, espagnole, allemands mais aussi en français : « l’aire de transition est longue, il est temps de vous rendre vers la sortie… ». Je retrouve mon sac transition bike pour y déposer mon jambon beurre, puis je dépose mes lunettes dans celui de running. Ca y est je peux quitter l’aire de transition.

 

7h02 : j’enfile le bas de ma combi, puis je suis le mouvement pour aller déposer mon sac dans l’aire d’arrivée

 

7h15 : Je me dirige vers les sas de départ, j’opte pour celui d’1h15. Je prends beaucoup d’attention pour placer ma combinaison afin de ne pas être gêné en nageant.

 

7h20 : Ca y est j’y suis… A l’instar du marathon de Paris, première et seconde grosse émotion. Je suis super ému d’être au départ de ce premier ironman. Je pense à Cécile et aux enfants qui m’ont supporté (dans tout les sens du terme). Je regarde autour de moi, je ne suis pas le seul à avoir les yeux humides… Mais il est un peu tôt pour se laisser envahir par des émotions trop fortes. Je salue le drone passant au dessus de nous, persuadé que celui-ci retransmet en direct, il n’en est rien. J’en profite pour remercier tout ceux qui m’ont suivi depuis le live tracker.

IRONMAN MALLORCA 2015

7h30 : premier coup de fusil, les pros déjà plus fort que nous partent en plus avec un peu d’avance…

 

7h37 : On nous lâche…

 

7h39 : je passe la ligne en trottinant, une fois que j’ai de l’eau jusqu’au genoux, je plonge… c’est la première fois de ma vie que je vais nager 3.8 km (théorique) en eau libre, le record précédant étant 3 km à Gravelines. C’est aussi la première fois en eau de mer avec la combi… J’avais dit que je le testerai la veille, mais j’ai préféré le cyclotourisme à cap fromentor.

J’ai l’impression de nager au dessus de l’eau. La combinaison de l’amélioration de la flottabilité amenée d’une part par l’eau salée et d’autre part par le néoprène, transforme le piètre nageur que je suis en un nageur moyen.

Je suis également surpris par la clarté de l’eau, rien avoir avec l’eau d’un lac ou celle de la mer du nord.

Je progresse de bouée en bouée, j’attends de plus en plus impatiemment le demi-tour. J’en profite pour regarder quelques alvins dans les fonds marins. Au moment où je commence à sentir la houle, j’aperçois la bouée du premier demi tour.

 

7h59 : Place au retour, je trouve un gars qui ne bat trop des pieds et commence à le suivre… Pas de bol, il nous emmène trop à gauche, je retente l’expérience derrière un autre, rebelote on dévie un peu… La côte se rapproche petit à petit. Ma main heurte le fond… Il est temps de se relever pour le passage à l’australienne…

 

8h19 : Je passe sur la plage et repars vers le large. Tant que le niveau d’eau est sous les genoux, je cours. Une fois qu’il est entre les genoux et la taille, je progresse avec une suite de plongeons successifs, puis je… nage.

 

8h31 : J’arrive à la bouée du demi-tour, je me sens toujours frais, je fais attention à ne pas trop me servir de mes jambes pour éviter la crampe (survenue à l’Alpe et lors de mon dernier entrainement long à la piko piscine).

IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015

8h45 : Je suis de retour sur la plage… Je repasse en position verticale et commence à enlever ma combi en trottinant. Je récupère mon sac. Vive cette nouvelle combi qui s’enlève nettement plus facilement, tout en mangeant une gaufrette méli, je me sèche enfile mes chaussettes, puis je peine un peu à enfiler le haut de mon maillot de vélo, j’ai opté pour le look (il avait déjà fait le mont blanc) pour sa couleur blanche et son confort. Ne m’étant toujours pas entrainé à mettre les chaussures sur le vélo, je suis obligé de courir comme un pingouin (à cause des cales) jusqu’à mon vélo… Chemin faisant, j’enfile mon casque aéro. Dans le feu de l’action je me plie les oreilles. Je mettrais au moins 60km avant de m’en rendre compte et de les remettre en place.

 

IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015

8h50 : J’enfourche mon vélo… Je commence à prendre mon pied. Je retourne ma montre pour lire plus facilement l’écran. Je constate que je suis à 150 puls alors que j’ai l’impression d’être à 130 ??? Je vérifie même en prenant mon pouls sur 15 secondes… Je suis bien à 150. Ca va durer ¼ d’heure avant de rentrer à la normal. Sans doute est-ce du à l’effet de la transition. Comme d’hab, je double beaucoup de gars sur le début du vélo, mais je suis également dépassé par quelques avions de chasse. Je me rends assez vite compte que je vais faire une bonne partie du parcours (juste la première boucle en réalité) avec les mêmes gars. On se dépasse, redépasse et ainsi de suite. Cette première boucle est à quelques faux plats près quasiment toute plate et inintéressante point de vue paysage. On fait même un petit passage sur l’autoroute…

Les ravitos sont suffisamment longs pour éviter la bousculade, par contre pas de code couleurs pour l’eau et le powerbar.

Je gère, je ne suis pas tout à fait au frein à main, mais j’évite d’être en surrégime. Après environ 80 km, je reconnais la partie commune au deux boucles. Le vent commence à se lever, pas de bol, il est de face à cet endroit, je décide de pousser un peu dans cette partie. Je termine cette première boucle avec 36 km/h de moyenne.

Petite parenthèse pour parler drafting… ou plutôt du non drafting assez bien respecté, c’est la première fois que je trouve que tout est en ordre à ce niveau là. Tout ceux que j’ai surpris en flagrant délit ont été rattrapés par la patrouille. Je suis rarement resté 10 minutes sans voir un juge. C’est mieux ainsi.

IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015

11h20 : Je suis de retour à Port Alcudia. Il y a pas mal de monde pour nous encourager, je passe devant le parc à vélo. Mais il n’est pas encore l’heure d’y retourner. Ensuite direction Alcudia et passage le long de la mer. Je passe aussi devant l’hôtel… il est encore moins temps d’y retourner. 

IRONMAN MALLORCA 2015

A la station balnéaire suivante on bifurque à gauche, direction la montagne. Le vent nous pousse… j’en profite pour me redresser un peu et m’alimenter avant le col. Je m’arrête au pied afin de m’alléger, je suis surpris de voir que malgré qu’on ait passé la moitié du parcours, je suis rattrapé par un flux continu de concurrent. Je monte à ma main, en profitant un temps soit peu du paysage. Je suis surpris par la différence de rendement des différents vélos. Alors que dans la partie plate et vent de face, j’enrhumais les gars avec leur vélo traditionnel, c’est eux qui prennent leur revanche maintenant que ca monte… Heureusement que j’ai reconnu le parcours. Car sinon je me serais cru au bout de mes peines en franchissant le premier sommet. Il n’en est rien, il reste encore 2 parties montantes.

Après l’effort, un petit réconfort qu’offre les quelques km de descente. En bas de la descente on forme un petit groupe d’une dizaine, on va se « relayer » à 3 mètres quasiment jusqu’au bout. Le drafting est interdit mais pas le point de mire qui aide tout de même un peu. On se dispersera dans la bosse lors de la traversée de Muro. Ensuite on file vers Sa Pobla avec un fort vent de côté… Il sera de face juste après, je profite de cette partie pour manger la fin de mon sandwich, mon gel anti crampe et la galette méli qu’il me reste, bref je fais le plein et met le moteur en sous régime pour le préparer à courir. Je plaisante avec un français : « il faut vraiment courir un marathon maintenant ? ». Juste avant d’arriver au parc à vélo, on croise les gars déjà en train de courir. Ca me fout un coup au moral de constater qu’ils sont déjà nombreux. Je vide mon bidon, ca s’appelle boire pour oublier…

IRONMAN MALLORCA 2015

14h13 : Je rentre dans le parc à vélo… En fait, il me parait bien vide, ca me remonte un peu le moral… Mes voisins ne sont pas encore rentré, c’est complètement débile mais ca me réconforte. Je trottine jusqu’à mon sac et m’installe dans la tente de transition. Je mange une nouvelle fois une gaufrette tout en enfilant mes manchons de compression. Je prends soin de bien mettre mes chaussures pour éviter les cloches, j’enfile ma visière reçue à l’alpe et me dirige vers la sortie.

IRONMAN MALLORCA 2015

 

14h17 : J’entame le second marathon de ma vie… Autant le dire tout de suite, ca sera aussi sans surprise le plus long… Je découvre le parcours, l’hôtel étant un peu loin du parcours de cap, j’avais remplacé ma reconnaissance par un aller retour au départ de l’hôtel.

On commence par un ravito, cool… Ensuite on fait un droite, gauche pour rejoindre la fin du parcours vélo.

Ma montre vibre une première fois, je suis impatient de connaître mon allure sur ce premier km : 4’36’’… « oh, puta… » me dis-je. Je suis même pas à 150 puls et je cours en moins de 5’… Comme le cœur n’est pas trop haut et que les sensations sont bonnes, je décide de tenir le rythme.

Après le second ravito, j’arrive en fin au demi-tour. Que cette ligne droite est longue, je vais me le dire 5 fois… A chaque Km parcouru il y a un panneau avec les 4 distances parcourues… Ca démoralise un peu quand tu lis la première ligne… Mais juste après ma montre vibre et me remotive, j’enfile les km en moins de 5’ alors que le Target était à 5’30’’.

Ensuite retour vers le centre ville avec le vent de face, on vire à droite puis à gauche, troisième ravito. Ensuite on bifurque vers la plage, on franchit un petit pont et on se dirige vers la ligne d’arrivée… Personne ne l’a encore franchie. Je suis encouragé par la speakerine… C’est comique d’entendre son nom.

 

 

IRONMAN MALLORCA 2015

14h47 : Je quitte la plage, passe au dernier ravito. Je pensais recevoir un chouchou, mais ceux-ci sont distribués un peu plus loin. Je longe le port, le contourne même, puis demi-tour. On s’éloigne encore un peu, avant de faire un nouveau demi-tour pour retourner vers le parc à vélo. C’est juste avant celui-ci que l’on doit passer dans un des 4 couloirs pour recevoir son chouchou… Et de un !!! A partir de là, je sais qu’il me reste encore à parcourir… Je peux lire la deuxième ligne des panneaux.

C’est après 12 bornes que je commets peut-être une petite erreur en marchant lors du ravito. En fait, je marche pour me ravitailler « correctement »… C’est à dire pour boire deux verres de coca… je suis déjà en train d’être dégouté par tout ce qui est solide, or de question d’envisager de boire du powerbar, ce serait être malade dans l’instant qui suit… Je me résigne, il n’y a que le coca qui passera. Je pense à Baptiste qui lui aussi avait du faire son marathon avec la même boisson « énergétique ». Lors de ces quelques instants de marche, le cœur est bien redescendu. Je ne parviendrai cependant plus à le faire remonter. Le km suivant est le dernier sous la barre des 5’… Je rentre tout doucement dans le rang.

 

15h31 : j’ai 15 km dans les pattes et « plus que » trois tours à parcourir. Plus question d’avoir un petit mot d’encouragement au micro, c’est l’heure de chauffer le public, l’arrivée du premier est imminente. Je me dit que lui ne m’a pas dépassé… D’autres cadors l’ont fait, c’est impressionnant de voir la vitesse à laquelle il file. Je continue à osciller entre 5’ et 5’30’’. Juste avant de boucler mon deuxième tour, j’entends que le premier arrive, félicitations !!!

J’ai une pensée pour Elisa au moment où je reçois mon second chouchou. Je me dis plus que deux pour Lilou et une médaille pour Colin… Au début de la fameuse longue ligne droite, nous sommes encouragé par un groupe de gars déguisé en basquetteur… ils sont de plus en plus entamé à chaque tour…

Juste après le demi-tour, je boucle le premier semi en 1 :45 :18. Déjà plus très lucide, je me permets de rêver de refaire ce temps sur le second… Je me vois déjà finir en 10h20… Alors que j’aurai mieux fait de me souvenir de la phrase que je répondais lorsque l’on me demandait : « - ca va aller ? » « - jusqu’au premier semi, oui ; après, on verra… »

C’est tout vu, le déclin se poursuit, le 22ème km sera le dernier sous les 5’30’’.

 

 

 
IRONMAN MALLORCA 2015

16h20 : La prochaine fois que je passe ici, ca sera la dernière ; me dis-je. Je vais répéter cette phrase dans tous les endroits stratégiques du parcours. Je marche à nouveau lors de la traversée du ravito ce qui me vaudra mon premier km en plus de 6’. Je continue, je reçois mon troisième chouchou. Je commence à lire la troisième ligne des panneaux, ca commence à sentir bon.

J’ai juste un petit stress au moment de faire demi-tour au bout de la longue ligne droite… je ressens un léger début de crampe dans le mollet droit lors de la relance, j’hyperventille et ca passe.

Plus que 11 petits km, j’imagine prendre Colin avec moi et partir faire le tour du crocodile avec lui. Je suis sur la plage, plus que 10km, je décide de tenter de remettre les chronos plus près de 5’… Mais je me rends tout de suite compte qu’il y a plus rien dans le moteur. J’ai envie de vomir, ca va le faire sur la plage, devant les beaux hôtels, juste là où il y a le plus de spectateurs… J’aurais mieux fait de m’en foutre et de claquer une ger… Je pense que ca m’aurait permis de mieux finir… Non au lieu de cela, je lève le pied. Il faut dire aussi que je pense à la promesse faite à Cécile avant de partir… Celle de  ne pas aller au delà de la limite.

 

17h15 : Il me reste encore tout un tour… Je me faisait une joie d’y être, mais

 

Je suis abattu courbatu combattu

Mais je suis venu

Alcudia attends, j'arrive

Bientôt je prends

La dérive

 

Et oui, je suis en plein délire… 1 relais tout de même à tous ceux qui trouvent d’où j’ai extrait ses paroles… et un gratuit à tous ceux qui sont arrivés jusqu’ici dans la lecture de mon compte rendu…

Oui, je suis au port, mais à la dérive tout de même… il n’y a plus que ma tête pour me dire de mettre un pied devant l’autre… Je ne suis plus avec Colin en vélo, mais je suis avec Cécile, bien qu’on court même plus vite à nous deux.

Je continue à m’hydrater mais les douleurs gastriques me poussent à éviter le coca. Je calcule le temps qu’il me reste à souffrir… Ca va être long, très long. Je m’autorise un temps de marche par ravito… J’arrive à zapper le premier. Je trottine plus que ce que je ne cours… J’arrive au demi-tour du port… je cours encore 200m puis m’autorise mon temps de marche du ravito précédent. Ce sont les encouragements d’une espagnoles qui me referont courir…

Enfin mon 4ème chouchou, plus que 6 km, ca devrait être rien du tout, un petit parcours d’allure libre… Mais ca me paraît insurmontable.

Que cette ligne droite est longue… Je me sens vide sans énergie… Les chronos sont en 6’30’’…

J’arrive enfin au bout de cette ligne droite. Je suis couvert de sel cristallisé sur ma peau et sur ma trifonction…

Le fait de reprendre le vent de face me glace, il fait 26°C mais j’ai froid

Alors que je m’étais réjoui lors du tour précédent, de ne pas avoir été malade, alors qu’il ne reste plus que 4 km, « je claque une gerbe… parterre, je vomis comme un pro… » (Souvenir estudiantin Ce qui aurait du se produire 6 km plutôt arrive tout de même…

C’est malheureux à dire, mais qu’est ce que ca fait du bien… Pas sur le moment même évidemment, mais juste après. Ca me permet de recouvrir un peu de moral et de force afin de terminer.

Je zappe le dernier ravito et j’en termine enfin.

 

18h16 : Je peux enfin virer à droite, faire quelques pas sur la plage et arriver dans l’aire d’arrivée. Je peux enfin savourer : YOU ARE AN IRONMAN.

 

 

IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015

Je l’ai fait. La ligne à peine franchie, on vous pend au cou une médaille d’une tonne… Je regarde mon garmin : 10h39. Vu les 10 derniers km catastrophique que je viens de vivre, je me dis que c’est tout de même pas si mal.

 

Je récupère mon sac et vais m’effondrer sur un transat… Je passerai bien la nuit là. Mais ma journée n’est pas encore terminée. Je récupère mon fameux tee-shirt à 550€ et je retourne au parc à vélo. Je récupère mes affaires et m’apprête à rentrer en vélo à l’hôtel… Il y a évidemment le plan B (taxi) qui me trotte dans la tête, mais tentons d’abords le plan A.

Le plus dur fût de monter sur le vélo. Impossible de monter ma jambe par dessus les bidons… je les enlève. Impossible de monter ma jambe jusque la selle… Plan B ??? Non je monte sur une bordure et laisse le vélo sur la chaussée… Ca passe. Les premiers tours de pédales furent douloureux. Mais après, ca va… je profite même de ce retour pour laisser éclater de belles émotions…

 

19h25 : dernière épreuve du jour, la montée des escaliers pour enfin retrouver ma chambre.

 

19h33 : premier contact avec la famille restée en Belgique, merci skype.

Je trouverai encore la force de me laver, de rincer ma combi. Mais je n’ai toujours pas retrouvé l’appétit… Je me couche échange quelques sms et passe encore l’un ou l’autre coup de fil.

 

21h : je suis à moitié endormi devant le rugby (un des plus gros matchs de la phase de pool England – Wales)

 

22h : tant pis pour la seconde mi-temps, je m’endors

 

23h55 : je suis réveillé une première fois par le feu d’artifice… il en sera de même toute les deux heures.

 

Le lendemain, l’appétit ne reviendra réellement qu’à midi. Je craignais le réemballage du vélo, mais tout se passera sans encombre. 

 

Place aux chiffres :

 

Tout d’abords, cette prévision tout à fait sidérante…

J’avais estimé un temps de 10h39’29’’ soit à 5 secondes du temps réellement mis…

 

Mon certificat :

 

 

IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015
IRONMAN MALLORCA 2015

Ensuite le graphe ci-dessous présente le déclin lors du marathon, avec la dérive régulière de mes chronos au km. Plus simplement, j’ai parcouru le premier semi en 1h45’18’’ et le second en 2h13’21’’.

Je me suis aussi « amusé » à combiner les différents classements pour obtenir un classement général (pas trouvé sur le net), afin de faire l’étendue… Pas de bol je loupe la troisième tranche de peu…

IRONMAN MALLORCA 2015

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Published by moutmanns
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